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Le blog d'Europe hebdo
5 février 2009
Il est temps que les intérêts européens passent avant les intérêts nationaux !
par Daniel Cohn-Bendit

« Il nous faut de vraies élections européennes »
Tout le monde sait que le 7 juin auront lieu les élections européennes. En fait, c’est un bien grand mot, les « élections européennes ». En réalité, il s’agit de 27 élections nationales pour élire les représentants des différents pays qui siégeront au Parlement européen. La principale faiblesse de ce mode de fonctionnement est que nous nous retrouvons 27 fois dans des débats nationaux, franco-français, germano-allemands, italo-italiens, etc.
Pourquoi ? Parce que chaque pays a sa vision et sa conception nationales de l’Europe, et que ces élections européennes sont généralement l’occasion de régler des comptes avec le pouvoir en place.
Nous, les Verts européens, nous voulons mener une campagne véritablement européenne, non seulement avec un manifeste européen, mais avec la volonté d’organiser en commun des manifestations européennes. Depuis des années, nous nous battons et proposons de changer les modalités de ces élections européennes. Nous voulons qu’une partie des 750 députés européens élus sur des listes nationales, disons 200 à 250 députés, soient élus sur des listes transnationales, avec des têtes de liste proposées par chaque famille politique pour la présidence de la Commission. Il faut absolument européaniser le débat européen, lui donner un contenu spécifiquement européen. Il faut apprendre à faire une campagne, enfin, européenne et non plus 27 campagnes nationales.
Il s’agit donc de dramatiser le débat autour d’une vision et d’une proposition politique pour l’Europe, une politique qui serait portée par ces listes transnationales. Nous aurions dans ces listes des propositions de candidats de tous les pays provenant des grandes familles politiques représentées au Parlement européen. C’est fondamental parce que cela nous obligerait à « parler Europe », à centrer les débats sur l’Europe : Comment l’Europe peut-elle répondre à la crise ? Quel rôle l’Europe peut-elle jouer au Proche-Orient ? Quelles sont nos réponses aux crises économiques et écologiques ? Comment pensons-nous la crise de la mondialisation ? Quel est le rôle de l’Europe dans ces crises, et non pas le rôle de la France, le rôle de l’Allemagne, etc. ?
Malheureusement, les gouvernements et la plupart des forces politiques nationales ont peur de cette ouverture européenne. Ils tiennent à leur mainmise nationale sur leurs députés. Quant à nous, en tant que Verts européens, obligés que nous sommes de présenter des listes nationales, nous regroupons celles-ci dans une initiative commune que nous mènerons en même temps, et avec des contenus identiques, dans toute l’Europe. Néanmoins nous restons devant le même problème, à savoir que les listes présentées sont toujours comptées au niveau national. On ne peut pas présenter la même liste de candidats dans 27 pays. Moi, j’ai été candidat deux fois en Allemagne et deux fois en France. Mon rêve aurait été d’être candidat en France et en Allemagne en même temps ou de produire une liste transnationale, mais ce n’est pas possible. Les textes sont clairs : on ne peut être candidat que dans un seul pays. On peut être candidat en France en tant que citoyen européen d’une autre nationalité, à la condition que l’on habite en France depuis au moins 6 mois avant les élections. Mais il n’est pas possible de présenter la même liste de 50 personnes pour le Parlement européen dans tous les pays européens en même temps. Il faut donc changer les traités, et faire en sorte que des députés européens soient élus sur des listes nationales et sur des listes transnationales. Comme je l’ai dit, sur 750 députés, 500 seraient, par exemple, élus sur des listes nationales et 250 sur des listes transnationales. Le citoyen aurait dès lors droit à deux voix.
Comme la majorité et du Parlement et des gouvernements des pays de l’Union ne veulent pas entendre parler de cette proposition, nous nous trouvons devant un véritable blocage, et même en face d’une « renationalisation » de l’espace européen. Au Conseil, les gouvernements défendent leurs prés carrés nationaux, et les partis politiques représentés au Parlement restent très liés à leurs gouvernements nationaux. Ainsi peut-on voir une grande coalition allemande où les socio-démocrates allemands de concert avec les chrétiens-démocrates, sur le paquet climatique, défendent l’industrie automobile allemande. Même à la Commission, on assiste à ce phénomène, les commissaires sont devenus les représentants de leur pays au sein de la Commission : l’Allemand défend l’industrie automobile allemande, tandis que l’Irlandais défend la libéralisation et les politiques irlandaises…
Or, si au Conseil, les représentants des gouvernements peuvent légitimement défendre leur position nationale, le Parlement et la Commission sont censés travailler uniquement à l’intérêt général européen. C’est dans ce triangle institutionnel que se situe l’Europe. Mais si tout le monde défend l’intérêt national et personne celui de l’Europe, ce triangle ne peut plus fonctionner.
Néanmoins, je crois que nous sommes en ce moment dans une situation intéressante : face aux crises auxquelles nous sommes confrontés, les populations demandent plus d’Europe, même si elles ont toujours peur de déléguer des parts de leur souveraineté nationale. Il faut donc expliquer et reexpliquer qu’il n’y a pas de réponses aux crises actuelles en dehors d’une réponse politique européenne intégrée. Il faut offrir la possibilité d’une intervention économique proprement européenne.
(Propos recueillis par Europe hebdo)
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6 février 2009 00:29, par Alain F.
Bien sûr, bien sûr !
Mais est-il imaginable, compte tenu des mentalités actuelles, et de la crise économique actuelle, que les gouvernements – qui sont tout de même élus par leurs citoyens nationaux – ne privilégient fortement pas les intérêts du pays ?
Vous semblez ne pas bien saisir toute la force de l’attachement à la nation. Je crains qu’il ne faille encore bien des années avant que les habitants d’Europe ne se sentent véritablement européens. La « citoyenneté européenne » est une idée bien trop jeune pour imaginer qu’elle aie déjà pris racine dans la tête des Européens.
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6 février 2009 19:23, par Jacques V.
Je suis assez d’accord. Il y a quelque chose de pathétiquement volontariste chez les européistes. La méthode coué n’est pas morte !
Jacques V.
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7 février 2009 13:17, par Elie Barnavi
Il y faudra des années, bien entendu. L’idée nationale est encore vivace. Heureusement d’ailleurs. Il ne s’agit pas de tuer la nation, ce n’est pas l’intention des défenseurs de l’Europe unie, ce ne fut même pas celle des Pères fondateurs.
Cela dit, ce n’est pas une raison pour ne pas oeuvrer afin que l’Europe en construction soit investie d’uns signification politique. Renvoyer Daniel Cohn-Bendit au rayon des rêveurs utopiques, c’est se résigner à une Europe réduite au rôle de zone de libre-échange. Franchement, c’est une petite ambition.
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6 février 2009 08:26, par Henri Sylan
M. Cohn-Bendit, vous évoquez le rôle que pourrait jouer l’Europe au Proche-Orient. Oublions un moment les divergences de vue, les conflits d’intérêts et les attachements respectifs, quel rôle voyez-vous pour l’Europe dans ce conflit israélo-palestinien où nous ne voyons d’aucun côté une volonté de paix ? L’enchaînement des récentes violences à Gaza ne témoigne-t-il pas, de manière éclatante, de cette « non volonté de paix » mutuelle ?
De plus, les Israéliens comme les Palestiniens ne croient pas à une quelconque détermination européenne, et franchement, je ne pense pas qu’ils aient tort.
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6 février 2009 14:38, par Luis - http://blogs.arte.tv/Leurope_en_debat/
Mr Cohn-Bendit, il semble qu’il n’y a qu’un candidat au poste de président de la Commission, Mr Barroso. Quelle personalité les verts européens entendent-ils proposer ? Et, pourquoi seulement pour la Commission ? Pourquoi pas au poste de futur président du Conseil. J’ai posé hier la question à votre collègue Mr Carnero et il trouvait l’idée intéressante. Il ne m’a pas donné le scoop du nom...
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6 février 2009 16:04, par Josette Lamy
Pour ma part, je pense que l’Europe pourrait jouer un « petit rôle » au Proche Orient, c’est-à-dire comme supplétif aux Etats-Unis. Rien de plus.
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7 février 2009 16:44, par Josette Lamy
Certes non, JB, mais il est inutile de se faire des illusions. Nous sommes loin d’une Europe politique réelle.
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7 février 2009 17:07, par Ernest A.
Un sondage récent a montré qu’en cas de référendum les Français voteraient non une nouvelle fois.
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7 février 2009 17:37, par Europeana
Trop d’éléments (la Tchéquie – dont le président est un anti-européen notoire – à la tête de l’Europe, la politique de Varsovie et, par-dessus tout, la crise économique mondiale qui ne fait que commencer) font que le phénomène de renationalisation de l’Europe que vous dénoncez s’accroîtra encore.
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7 février 2009 18:50, par Muriel H.
L’Europe est plus que jamais partagée : les gouvernements veulent continuer, alors que d’autres n’arrêtent pas de clamer que les peuples n’en veulent plus de cette Europe. Si les peuples n’en veulent pas, cela signifie que la marche arrière est sérieusement enclenchée, et que cette construction européenne difficilement édifiée, même si elle a produit des résultats notables, commence inexorablement à se défaire.
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7 février 2009 19:19, par Franck
Les 3 référendums négatifs, ne signifient-ils pas que le projet européen, en l’état, ne convient pas ou plus aux Européens ?
Question, pourquoi ? Ce projet est-il dépassé ? Ne correspond-il plus à l’actuel état d’esprit européen ? Dès lors, plutôt que de forcer les Irlandais à revoter, ne serait-il pas judicieux de revoir complètement ce projet et l’adapter à la situation géopolitique actuelle ?
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8 février 2009 12:37, par Pascale J.
Il n’y a pas que la géopolitique, il faut également prendre en compte l’évolution des états d’esprit actuel !
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7 février 2009 19:43, par Audrey C.
Quelle signification peut-on donner aux 3 non français, néerlandais, irlandais ? Est-ce le contenu de l’Europe qu’on leur propose ? Est-ce l’unification progressive de l’Europe qui effraie ?
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8 février 2009 10:44, par Jean-Marc
Clairement, on ne peut pas nier que sur le fond, ces non témoignent de la volonté sinon de faire marche arrière, au moins d’en rester là.
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8 février 2009 14:10, par Éliane
C’est vrai, mais en même temps que ce refus de l’Europe dans une certaine opinion publique, l’eurobaromètre montre que l’aspiration à l’Europe reste forte.
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8 février 2009 11:42, par Lydia
Ces 3 non ne sont significatifs de rien. Chacun imagine une Europe selon son goût. Le refus de l’Europe des souverainistes est très différent de celui de l’extrême droite qui ne rejoint en rien (faut-il le préciser ?) celui de l’extrême gauche.
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10 février 2009 11:47, par Europaeus
Je suis d’accord. La coalition des "non" est partout hétéroclite - elle va de l’extrême-gauche à l’extrême-droite en passant par les ultrallibéraux. Plus généralement, un référendum doit porter sur une question claire, à laquelle on peut sans ridicuie répondre par oui ou par non, en connaissance de cause. Il doit être aussi assorti de conséquences contraignantes. Si on avait demandé aux Irlandais de se prononcer en sachant qu’un vote négatif allait entraîner automatiquement la suspension de leur pays, le résultat aurait été différent.
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8 février 2009 11:30, par Christiane G.
Le fait que l’on veuille faire revoter l’Irlande (outre que cela serait ressenti comme une humiliation), ne montre-il pas que l’Europe est de fait faussement démocratique ?
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8 février 2009 14:33, par Marc F.
Démocratie ? Est-il normal qu’un pays (l’Irlande) puisse en bloquer une vingtaine qui ont accepté le traité constitutionnel ?
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9 février 2009 11:02, par Lydia
De toute façon, ce referendum n’a pas de sens : on ne peut pas répondre par oui ou par non à un traité de 300 pages écrit, qui plus est, dans un langage totalement incompréhensible par le commun des citoyens - et des citoyennes !
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8 février 2009 19:05, par jean-michel Le Branché
Bonjour M. Cohn-Bendit,
Je suis tout-à-fait d’accord avec vous, non seulement au plan institutionnel mais aussi au plan des valeurs (voire la comédie des JO de Pékin). Au niveau écologique je suis un peu moins armé, mais je vous fais confiance. Bref, vous êtes mon candidat avec plusieurs de vos colistiers et colistières.
Bonne chance à vous.
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9 février 2009 10:34, par Antone A.
Daniel Cohn-Bendit, comment a-t-on pu admettre que deux pays qui sont entrés dans l’UE conservent leurs neutralité ? N’est-ce pas une aberration ? Cela ne témoigne-t-il pas que qu’une Europe politique n’est nullement à l’ordre du jour ?
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9 février 2009 13:28, par Marc F.
C’est vrai, et maintenant, pour conserver l’Irlande dans l’Union, on va consentir à d’autres exceptions à la règle au bénéfice de l’Irlande !
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10 février 2009 11:40, par Europaeus
Il n’y a pas deux pays neutres, mais quatre : l’Irlande, l’Autriche, la Suède et la Finlande. Oui, c’est une aberration politique et morale - voir les fortes pages qu’a écrites là-dessus Elie Barnavi dans L’Europe frigide. Comment entrer dans une famille, dans une "communauté de destin" comme il dit tout en prétendant à la neutralité ? Or, personne ne semble s’apercevoir de cette anomalie.
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9 février 2009 17:32, par Alexandre D.
Cher Daniel Cohn-Bendit, comme vous le dites vous-même, si l’UE conserve le principe de l’unanimité et ne passe pas au système majoritaire, elle restera définitivement bloquée à son stade actuel, c’est-à-dire à celui d’un marché commun. Jacques Delors avait proposé une Europe « à géométrie variable ». Cela fut refusé par plusieurs pays comme l’Allemagne.
Or, l’Europe est déjà à géométrie variable : il y a l’Europe des polices, celle de Schengen et celle de la zone euro (16 pays).
Comment voyez-vous l’évolution des choses. Merci pour votre réponse.
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9 février 2009 21:49, par Véronique V.
L’idée d’avoir des eurodéputés- des vrais- parait fort séduisante. Mais pourquoi autant d’euroscepticisme par ailleurs ? L’Union européenne est l’association la plus aboutie, il parait normal que cela fasse peur à beaucoup (y compris de ses membres) d’aller plus loin. Aucune autre région ne l’a jamais fait ! Ce n’est pas pour autant qu’il faut imaginer qu’on ne fera pas mieux. Il y a 25 ans lorsque j’étais au collège on présentait l’entrée de l’Espagne et du Portugal comme des avancées ultimes : c’était clair, on n’irait pas plus loin, la CEE était au bout ! D’ailleurs je l’entendais aux repas de familles : c’était presque trop (et pourtant, le camp était communiste !) Et bien non, on est allé beaucoup plus loin. Il y a des siècles on n’aurait pas imaginé des Etats nations, il y a 100 ans pas une Union de l’Europe (et pas l’Allemagne avec la France et le Royaume-Uni), alors les sceptiques sur l’Europe politique... C’est trop tard. L’idée est là. Alors moi je trouve l’idée des députés fort séduisante. Une idée qui émerge aujourd’hui sera la réalité de demain.
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10 février 2009 11:14, par jean-michel Le Branché
Avec les listes transnationales, vous appuyez sur une corde sensible, M. Cohn-Bendit, celle de la discorde et donc du débat préalable à la concorde : les frontières internes sont faites pour voler en éclat. Assez de frilosité nationale et de caisses d’enregistrement parlementaires. Il faut de nouvelles ambitions pour l’Europe sinon celle-ci ne sera plus à terme qu’une utopie antédiluvienne face à la mondialisation montante qui la vide inévitablement de toute substance.
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10 février 2009 11:20, par jean-michel Le Branché
Sans un sursaut des européens, il faudra bien finir par admettre qu’entre les Etats et le Monde, il n’y a plus rien
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10 février 2009 16:11, par classe de lycée
En quoi votre proposition permettrait-elle de répondre au problème fondamental de l’Europe aujourd’hui : la rupture entre les citoyens européens et leurs députés,leurs institutions en général ? Car on ne peut le nier, les députés européens vivent dans une bulle totalement coupée des réalités, des exigences des citoyens.
De plus, est-il nécessaire d’être plusieurs pour peser sur la scène internationale ? Ne peut-on pas imaginer qu’un Etat en son seul nom (exemple : France, Allemagne, Italie,...) pèse sur un conflit comme le conflit Israélo-Palestinien ?
T ES1, lycée Fustel De Coulanges Strasbourg.
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10 février 2009 17:28, par jean-michel Le Branché
Merci lycée Fustel de Coulanges pour votre question à laquelle je me sens moins à même de vous répondre que l’auteur de cette note :
la rupture entre les citoyens et les institutions européennes tient à l’éloignement de l’Europe pour le politique. Puisqu’on construit une Europe des nations au détriment de l’Europe supranationale où seuls les grands Etats-nations comptent (voyez les sommets franco-allemands ou franco-britanniques), il est clair que les citoyens déjà peu concernés par leurs institutions politiques nationales le sont encore moins pour leurs institutions européennes. Avec des listes transnationales, l’enjeu de ces élections change radicalement : vous n’avez plus à choisir des programmes de partis politiques nationaux dont on sait que les positions sur l’Europe sont contradictoires mais des programmes européens différents, des visions différentes de la construction européenne : sur l’énergie, l’écologie, l’éducation, le financement, etc... Voter pour un député européen sera alors voter pour une vision de l’Europe et non pour le lobbying d’un parti national en Europe. C’est toute la différence.
Il n’est pas nécessaire d’être plusieurs pour vivre mais chaque Etat membre pèse moins que tous les Etats réunis : si les européens construisaient par exemple les Etats-Unis d’Europe, ils seraient plus puissants que les USA. Mais vous pouvez très bien rester un micro-Etat comme Monaco ou San Marin. C’est à vous de choisir.
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20 février 2009 15:57, par Elie Barnavi
Chers lycéens strasbourgeois,
Merci d’avoir renoué le dialogue commencé de vive voix dans votre établissement. En attendant que Dani Cohn-Bendit s’exprime lui-même, ce qu’il m’a promis de faire, je ne peux que m’associer à l’opinion de Jean-Michel Le Branché : quelles que soient les arrières-pensées politiques - mais elles ne sont pas non plus absentes du débat national , comme on le sait -, l’Europe sera toujours plus forte et plus influente dans l’arène internationale que chacune de ses parties. N’est-ce pas une évidence ?
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