Le blog d'Europe hebdo

24 février 2010

L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

par Guy Verhofstadt


Ma tribune sur le débat autour de l’identité nationale en France (Le Monde du 11 février) a suscité – comment pourrait-il en être autrement ? – des réactions contrastées. Des centaines de commentaires, pour la plupart approbateurs, sont d’abord venus des lecteurs du journal lui-même. D’autres réactions, très négatives, sont aussi intervenues, en particulier des autorités françaises, le Ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner sur Europe 1, en tête. Lequel a réagi comme s’il avait été piqué par une guêpe. Une réaction épidermique pas tout à fait sincère, je crois, de la part de l’ancien fondateur de « Médecins sans frontières », qui en d’autres temps aurait marqué moins de compréhension pour la thèse gouvernementale. Mais M. Kouchner confirme l’adage selon lequel « la fonction fait l’homme ».

Les arguments avancés étaient prévisibles. Ma tribune serait « une attaque dénigrante envers la République française ». En relisant l’article, je ne peux y trouver le moindre mot de travers contre la France ou la République française. Au contraire. L’article exprime une vive affection, presque de l’amour pour nos voisins du Sud. La France est reconnue comme un modèle. Ma seul cible était et demeure cette absurde initiative du gouvernement français de lancer un débat public sur « l’identité nationale », de surcroît avec la volonté de récupérer les voix du Front National en vue des élections régionales de mars prochain. Il est caractéristique des autorités politiques – je sais de quoi je parle, car j’ai moi-même tant de fois péché – qu’elles ne marquent plus la différence entre leurs propres actions et jugements, et ceux du pays et du peuple qu’elles dirigent. Après quelques années de pouvoir, elles pensent être seules à incarner le territoire qu’elles administrent et les gens qui y habitent, travaillent et vivent, de sorte que toute attaque contre leurs propres idées et actions est interprétée comme une attaque contre le pays et leurs compatriotes eux-mêmes. Pour les mêmes raisons, j’ai été accusé il y a quelques années d’anti-américanisme et d’hostilité envers la Grande-Bretagne. Juste parce que je me suis montré jusqu’à la fin résolument hostile à l’invasion de l’Irak. Maintenant encore, Tony Blair continue d’affirmer qu’il a pris la bonne décision. Peut-être connaîtrons-nous pareille situation avec MM. Besson, Kouchner ou Fillon lesquels, bien qu’échaudés par la tournure du débat qu’ils ont initié, maintiendront demain et après-demain qu’il a été un exercice profitable.

La seconde objection soulevée à l’encontre de ma tribune était tout autant prévisible. « Un étranger », semble-t-il, n’aurait pas le droit d’avoir une opinion sur quelque chose qui ne serait en fin de compte qu’une préoccupation française. « Sic », pourrait-on dire. Y-a-t-il un meilleur argument pour illustrer le caractère franchouillard de cette initiative que l’exclusion des « étrangers », des « non-français » du débat ? Je ne crois pas. Cela montre ce à quoi un débat sur l ’« identité nationale » mène toujours, à savoir le nationalisme, l’exclusion de l’autre, la dénonciation de l’étranger. Cela conduit à la xénophobie et au racisme, comme un grand nombre de contributions spontanées au « débat » l’a montré. Enfin, il est faux et dangereux de penser que l’« identité » est un thème qui agite seulement la France et les Français. C’est une question qui secoue depuis des mois et des années le débat public dans chaque État membre de l’Union européenne. Dans presque tous nos pays en effet, la polémique fait rage au sujet de l’identité sociale, culturelle ou politique. Tout simplement parce que ce thème est le dernier oripeau sous lequel se camouflent les nationalistes de tout poil. C’est pour eux une nouvelle manière de désigner leurs ennemis de toute nationalité et de toute culture. Et ce que n’ont pas l’air de comprendre les autorités françaises, c’est que ce débat vise d’abord et avant tout à stigmatiser les valeurs républicaines que la France incarne plus que tout autre pays. Valeurs que la France a su imposer comme un socle de l’Union européenne et qui du coup se retrouvent sur la sellette ! La meilleure preuve de ce piège que nous tendent les nationalistes à travers ce débat est encore la réaction ulcérée que cette tribune a suscité dans mon propre pays, la Belgique, de la part des extrémistes nationalistes flamands. Ceci devrait sonner comme un signal d’alarme aux oreilles des représentants de la République française. Parce que comment est-il possible que les héritiers de la Révolution française et des Lumières soient du même avis que les partisans les plus ardents de la mesquinerie politique et du nationalisme ethnique ? Lesquels des deux ont tort ? Qui se trompe ?

La réponse à cette question est facile à trouver. Il suffit de se tourner vers le passé, à la fin du XVIIIe siècle, à la veille de la Révolution française. Quand une discussion a éclaté dans toute sa violence, avant de dominer la pensée politique tout au long du XIXe siècle et d’une grande partie du XXe, à savoir la lutte entre Herder et Kant, entre le Volksgeist et les Lumières, entre l’âme de la nation, la glorification de sa propre identité nationale, la force supérieure de la coutume et de la tradition, et la foi dans les valeurs humaines universelles générales et impérissables. Comme Alain Finkelkraut le montre dans La défaite de la pensée, Herder peut sans conteste être considéré comme le fondateur de la pensée sur l’identité, laquelle se manifeste sous de nombreuses formes différentes telles que la glorification de son propre caractère national, le bannissement de mots d’origine étrangère, la redécouverte de chansons folkloriques, le retour au passé et à l’« authenticité ». Tout cela serait nécessaire, disent ses adeptes, car les Lumières ont coupé l’homme de ses racines et l’ont laissé flotter dans le vide. La nation n’est pas un contrat social, une alliance de personnes indépendantes, mais une forme d’organisation supérieure qui passe avant l’homme. Ce n’est pas l’homme qui façonne la société. Il ou elle est né(e) dans une communauté existante à laquelle il ou elle doit s’adapter. La nation est le souffle de la vie humaine. Sans la nation, l’homme meurt. Dans la conception de Herder, il est même erroné de parler d’ « êtres humains ». Il n’y a pas d’êtres humains. Il n’y a que des Français, des Allemands ou des Belges. C’est l’inconscient collectif, différent dans chaque société, qui est la force motrice de cette société. Les préjugés, la tradition, l’obscurantisme, le conformisme sont en outre des forces positives qui maintiennent la nation forte, saine et florissante. La démocratie et la pensée rationnelle, au contraire, fragilisent la société. La découverte de l’« identité nationale » est donc aussi la nécessaire quête d’un inconscient collectif qui inscrit chacun dans un ensemble.

Peut-être cette controverse serait restée un débat purement philosophique si, en 1789, la Révolution française n’avait pas éclaté. Les idées des Lumières ont triomphé. Les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité ont été exportées, y compris par la force, par la France révolutionnaire à travers toute l’Europe. Ce fut une révolution sans frontières. Pour une république qui englobait du reste tous les citoyens. Napoléon a été finalement vaincu par une coalition d’États européens. Mais les idées de la Révolution française et les Lumières n’ont pas pu être réprimées par les armes. Durant plusieurs décennies, deux Europe irréconciliables se sont affrontées. Une Europe éclairée, révolutionnaire et républicaine. Et une Europe conservatrice, traditionnelle et encore monarchique. Une controverse entre une vision essentiellement française, rationnelle et universelle de la société, et une approche émotionnelle et identitaire allemande. On naît allemand. On devient français. Une opposition qui a atteint un nouveau pic de violence avec la guerre franco-prussienne en 1870. Il y en aurait encore deux autres. Beaucoup de Français et d’Allemands feront l’expérience de trois guerres au cours de leur existence. Le poète allemand Heinrich Heine, en exil durant plusieurs années en France, a annoncé très tôt déjà une « réponse allemande » à la révolution française. Une réponse qui, précisément en l’an 1933, a été apportée par Goebbels pour qui le triomphe des Nazis marquait la « fin de la Révolution française ».

La conquête de l’Alsace-Lorraine par les Allemands en 1870 constitue à coup sûr la meilleure illustration de l’incompatibilité entre les valeurs républicaines françaises et la notion d’« identité nationale ». Pour les Allemands, l’annexion était simplement une question de propriété. À leurs yeux, la conquête était légitime car tant du point de vue de la race, de la langue que de la tradition historique, l’Alsace-Lorraine appartenait à l’Allemagne. « Non », ont soutenu les Français, Renan en tête. S’il est vrai, disait-il, que les habitants de cette vieille province germanique appartiennent à la race allemande, leur volonté n’est pas d’appartenir à l’Allemagne, mais bien à la France. Et cette volonté est plus importante que leurs origines. Une volonté que les délégués de l’Alsace-Lorraine ont réitérée à l’Assemblée nationale française le jour où le traité qui convenait du transfert du territoire de la France vers l’Allemagne a été scellé. Par cette action, les Alsaciens ont montré que la conscience nationale ne provient pas d’un déterminisme inconscient comme toute la pensée de l’identité le suppose, mais d’une décision indépendante.

La nation est un pacte, un « plébiscite chaque jour renouvelé », comme le dit Renan. L’homme n’est pas le prisonnier de son identité ou de la nation, mais il en est la justification. La relecture de Qu’est-ce qu’une nation ? de Renan suffit pour aider les actuels dirigeants français à se rendre compte qu’ils se sont fourvoyés. Elle suffit pour leur faire réaliser que ce n’est pas une question de langue, de race, de religion, d’intérêts, de géographie, ou même de nécessité militaire ; que ce n’est pas non plus une question d’histoire commune, de faits irréfutables, d’accident historique ou de vague sentiment d’unité. Elle suffit pour leur faire comprendre qu’une nation est une question de solidarité consciente, une véritable décision de vivre ensemble sur la base des mêmes lois et principes. « Une nation suppose un passé, mais elle se résume dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. Un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de la vie ».

Est-ce que ça veut dire que l’« identité » n’est pas importante ? Qu’elle n’a pas de sens et que c’est un concept vide ? Non. Au contraire. Mais précisément comme à la fin du XVIIIe siècle, nous sommes à nouveau entraînés dans une controverse qui vise à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Ce qui était, au XVIIIe siècle, « les Lumières », s’appelle aujourd’hui le monde moderne mondialisé. Un monde qui tourne très vite, et laisse des gens sans point d’appui et sans attaches. En ces temps incertains, sur cette planète en équilibre instable, la notion d’« identité » joue le rôle d’un phare ou d’une ancre. « Les gens, dans ce monde incertain, ont besoin d’une identité forte » – cela sonne comme un credo. Je ne voudrais en aucun cas être celui qui ôte ce point d’appui aux gens. Je veux seulement poser la question de savoir si l’identité est capable d’offrir un tel appui. On suppose toujours que « l’identité » est une notion commune, collective. Une donnée qui s’applique à chaque personne d’une même communauté et qui a le même impact ou effet comme le prétendent les adeptes de la pensée identitaire. Mais ce postulat est faux, même si on peut le regretter (point sur lequel je ne peux trancher).

Tout d’abord, il y a autant d’identités qu’il y a d’individus. Chaque personne est unique. Si on la classe dans une seule catégorie ou sous une seule étiquette, on ne lui rend pas justice, on lui nuit, on la réduit à un rouage (in)volontaire d’une machine qu’on appelle « la société ». Amartya Sen, dans Identité et violence. L’illusion de la destinée, a clairement montré qu’il y a une différence essentielle entre l’identité unique, univoque que nous utilisons couramment dans la rhétorique politique, et les identités multiples qui peuplent le monde réel. L’identité unique et univoque est une illusion. Une illusion dangereuse résultant de notre désir de classifier le monde en termes de religion, de culture, de nation ou de civilisation. La foi dans cette illusion signifie ni plus ni moins que nous nions la capacité d’action de chacun sur son propre destin. En bref, que nous ne nous laissons pas le moindre choix sur ce que nous voulons vraiment être. Notre destin est un fait irrévocable, lié à l’identité univoque qui est pareille pour chacun au sein du même groupe. Tout ce que nous devons faire durant notre vie, c’est « découvrir » cette identité unique et univoque. C’est, selon Sen, une vision réductionniste de la réalité. Une vision qui ne tient pas compte du fait que tout le monde possède un vaste éventail d’identités et de caractéristiques. Face à la vision politique réductionniste et univoque de l’identité, il y a le libre choix de tout homme dans le monde réel. Cela ne veut pas dire que cette liberté de choix est pareille pour tout le monde. Loin de là. Et non plus que cette liberté est infinie. Le libre choix est en fait soumis à des restrictions ou des limitations qui varient d’une personne à l’autre, limitations qui souvent trouvent leur origine dans le passé. Mais la différence avec la vision réductrice de l’identité, c’est que l’homme n’hérite pas seulement de son individualité et de sa personnalité, mais qu’il les construit lui-même pour la plus grande part. Libre et conscient. Dans le monde moderne, l’homme devient de plus en plus responsable de sa propre identité et de sa propre personnalité. Et cette identité et cette personnalité deviennent de façon toujours plus explicite une question de choix personnel, d’interprétation propre, de découverte de soi, en bref, une question de liberté individuelle et de responsabilité.

Quoi qu’il en soit, la recherche uni-dimensionnelle d’une identité collective est d’un tout autre ordre. Elle conduit à la mise en place, dans la société, de « conteneurs » ou « bunkers » ethniques, nationaux, culturels ou religieux, auxquels l’homme ne peut plus ou ne veut plus échapper. Inévitablement, cela se termine dans la violence, dans des émeutes dans nos quartiers, dans la haine et la guerre dans le monde. « L’identité meurtrière », comme Maalouf l’appelle. Le meurtrier vingtième siècle passé a été l’illustration de cette tragédie. Ce vingtième siècle nous a appris que la conséquence ultime de la pensée de l’identité, ce sont les chambres à gaz d’Auschwitz. Et la raison pour laquelle il en est ainsi n’est pas difficile à trouver. L’« identité » veut dire qu’on attribue à un groupe de personnes des caractéristiques spécifiques, qui sont souvent radicalement différentes d’une personne avec une identité différente. « Différent » veut dire « autre ». Et « autre » n’est pas très éloigné de « ennemi ». En outre, le concept d’« identité » conduit à un comportement conformiste, où la pensée critique est absente. On obéit aveuglément aux traditions, même si elles sont en tout point de véritables discriminations à l’encontre d’autres races ou à l’encontre du sexe opposé. Finalement, la haine et la violence contre ceux qui ne possèdent pas la même identité coulent de source. Tout simplement parce que quand les penseurs de l’« identité » réduisent l’humanité à leur propre groupe, tous les nobles principes comme le droit, la tolérance et la non-violence sont uniquement valables au sein de ce groupe. C’est l’« identité » qui a si longtemps empêché la Serbie de livrer ses criminels de guerre. C’est l’« identité » qui a conduit les tribunaux allemands à condamner les nazis à des peines ridiculement basses après la seconde guerre mondiale. C’est l’« identité qui » retient la communauté islamique mondiale d’excommunier Oussama Ben Laden.

En bref, « l’identité » est une notion sur laquelle il est impossible de construire une société pacifique et prospère. Une société identitaire est une société d’exclusion et de conflit. Habituellement, c’est la dernière convulsion d’une société qui a atteint son apogée et qui attend désespérément un rétablissement de son passé, glorieux ou non. Mais plus généralement, « l’identité » un symptôme de notre incapacité à accepter le monde tel qu’il est. Dans le même ordre d’idée, Leonidas Donskis écrit dans Troubled identity and the modern world qu’une crise de l’identité est un pléonasme. Parce que l’utilisation du mot « identité » est symptomatique d’une société en crise, une société qui est perçue comme précaire et dangereuse.

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe ne réside absolument pas dans une quête de l’/des identité(s) nationale(s). L’avenir ne réside pas dans une somme des identités nationales. Dans l’Europe d’aujourd’hui, « l’Europe des Nations » est un reliquat du passé. C’est une Europe incapable de résoudre les problèmes. Et c’est une Europe qui ne jouera plus qu’à grand peine un rôle dans le monde multipolaire du XXIe siècle. En un mot, l’avenir de l’Europe et de l’Union européenne sera post-national, ou ne sera pas.


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21 Commentaires

  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    24 février 15:18, par jean-michel Le Branché
    Merci pour ce point de vue argumenté et cohérent qui écorne quelque peu notre mythe de l’universalisme républicain. Le problème du faux débat sur l’identité nationale c’est qu’il vise surtout à définir l’étranger, celui qui ne fait pas partie de notre identité nationale : femmes voilées intégralement, baragouineurs dont la langue serait incompéhensible ou incorrecte, squatteurs privés de papiers, etc... Le même problème se pose dès qu’on essaye de définir l’identité européenne. Ne serait-ce que parce que les individus, les nationaux comme les autres, ne se définissent pas par un ou deux critères mais ont des identités multiples. quant à l’Europe post-nationale, elle ne peut se concevoir que dans le cadre d’une Europe politique. Or, avec un mini-traité de préférence à un maxi-traité, il me semble qu’on a choisi de prendre le chemin opposé.

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  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    24 février 21:40, par Mathias B.
    Je suis à moitié d’accord avec vous, M. Verhofstadt. Certe ce débat français charrie de la xénophobie. Cependant, le débat dans son principe, ne manque ni de pertinence ni d’intérêt. Malheureusement, ce qu’en a fait Besson est misérable.

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  • Franchement, je ne comprends pas cette attaque contre la France. Vous auriez tout à fait pu défendre votre point de vue sans vous en prendre de façon insultante à nos voisins : « Il y a quelque chose de pourri en France ». Pas très diplomate ! Surtout que chez nous les discussions clochemerle ne manquent pas !

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    • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

      25 février 09:40, par jean-michel Le Branché
      prenez un peu de distance, Alix. Pas de quoi se sentir agressé. Guy Verhofstadt nous renvoie une image que nous véhiculons en Europe et c’est sur ce plan qu’il se permet de nous titiller. Il est bien évident qu’en tant que gaulois nous ne sommes pas les seuls coqs de l’UE même si nous avons inventé Astérix. quand d’autres se sont contentés de Tintin.

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    • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

      25 février 12:47, par Éliane A.
      Pas d’accord ! Verhofstadt n’insulte pas les Français. Au contraire il parle d’une France qu’il aime et déplore de la voir tourner le dos à ce qui en a souvent fait sa spécificité. On a le droit de critiquer ses amis. Au nom même de l’estime que l’on a pour eux.

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  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    24 février 23:02, par Étienne
    Vous ouvrez le débat, mais vous faites l’impasse sur la xénophobie et même le racisme d’une large part de vos compatriotes flamands !

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  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    25 février 10:50, par Lucien A.
    J’ai lu pas mal de commentaires qui ont suivi l’article publié par Verhofstadt dans le Monde (voir notamment les diatribes des lecteurs du Soir qui pour l’essentiel se résument en « il y a surtout beaucoup de choses pourries dans le royaume de Belgique et c’est de cela qu’un Belge devrait s’occuper » ou « Regarde d’abord ce qui se passe chez tes Flamands, avant de critiquer les Français ») et je trouve absolument grotesque cette façon de tenter d’esquiver un débat essentiel pour une société démocratique, en disqualifiant l’auteur. Le pompon ayant été l’article de Luc Rosenzweig (Nœud-Nœud comme on le surnommait affectueusement dans son journal) qui commence son long devoir dans le Soir par un « Ta gueule Verhofstadt ! » (élégance quand tu nous tiens…) et le renvoie, lui aussi, aux flamingants. Ainsi pour ne pas discuter les arguments avancés de Verhofstadt, on se contente de lui envoyer à la figure ses compatriotes du Vlaams belang. Et puis ? Et puis rien. Le débat est clos. Un Flamand n’a pas le droit de critiquer le débat français sur l’identité nationale tel qu’il est posé par Besson. Point.

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    • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

      25 février 14:07, par jean-michel Le Branché
      très juste ce que vous dîtes Eliane A. et Lucien A. Non seulement les autres européens ont le droit de s’occuper de ce qui se passe chez nous mais ils ont même d’une certaine façon un devoir d’ingérence sur notre vision de la construction européenne et des valeurs que nous mettons en avant pour cela.

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  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    25 février 17:10, par Francis Delfois
    Oui, et bien moi je n’aime pas qu’un ministre étranger nous fasse la leçon.

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    • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

      25 février 18:31, par Albert A.
      Oui, et bien moi, lorsque Verhofstadt parle de « La France qu’on aime et dont on a besoin », cela me semble être la parole d’un ami, quand bien même si, dans ce qu’il dit, il est des choses pas agréables à entendre.

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    • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

      25 février 21:12, par Marco Polo
      Étonnant ce refus d’écouter une critique sous prétexte qu’elle vient d’un étranger. Cela ne nous renvoie-t-il pas à la manière dont est envisagé, pour certains Français, le débat sur l’identité nationale ?

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    • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

      28 février 18:03, par Erwan L.
      Enfin, comment imaginer que la question de l’identité nationale ne soit qu’une affaire intérieure ? Ne sommes-nous pas en Europe ? Et n’est-il pas temps de penser en termes d’Européen ?

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    • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

      4 mars 09:48, par Bruno Teissier
      N’est-ce pas Monsieur Kouchner qui parlait d’un droit d’ingérence humanitaire ? Alors, pourquoi pas entre partenaires européens un droit d’ingérence moral ? Au sein de la famille européenne pourquoi ne pas se parler franchement ? Quand un pays sombre dans le populisme, ses voisins ont le devoir de le mettre en garde. Bernard Kouchner participe à un gouvernement qui applique sur bien des points la politique prôné par le Front national. N’importe quel citoyen européen est en droit de le déplorer. Tout comme il peut s’attrister des succès électoraux de l’extrême droite aux Pays-Bas cette semaine. Le débat politique européen doit devenir transnational. Sinon, à quoi bon l’Europe ?

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  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    25 février 22:38, par Amédée K.
    Je suis content de la manière dont vous réagissez. Je crains cependant que d’ici peu, nous risquons d’avoir un débat semblable en Belgique. On peut compter sur le Vlaams belang ! Et, oserais-je le dire ? sur la passivité des partis flamands.

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  • Quelle tristesse que Kouchner n’aie rien trouvé à dire sinon proférer une attaque personnelle en réponse aux arguments de Verhofstadt. Ridicule, vous avez dit ridicule ?

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  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    28 février 20:47, par André L.
    « L’essentiel en effet n’est pas d’où l’on vient mais où l’on va ». Phrase à rapprocher de celle de Romain Gary : « La Patrie, ce n’est pas seulement le sang reçu, c’est également le sang donné ».

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  • L’Europe sera post-nationale ou ne sera pas !

    4 mars 08:55, par Philippe Martel
    Assez d’accord sur les dangers liés à la valorisation de l’identité nationale. Totalement d’accord sur le caractère suspect du débat lancé par ce pauvre M. Besson, qui ne pouvait rien donner d’autres qu’un composé de clichés patriotards et d’inconvenances fascistoïdes. Quelques réserves toutefois.
     Sur Herder, c’est un peu simlpliste (ce qui s’explique puisque c’est copié sur Finkelkraut). Herder est un homme des Lumières, et il croit à l’existence d’une humanité une. Ce sont certains de ses disciples qui ensuite ont fait dériver les idées qu’ils lui avaient empruntées vers le nationalisme ethnique.
     Renan (cet ancien séminariste antisémite) a bricolé en vitese une réponse aux Allemands qui n’a pas beaucoup de consistance. Le plébiscite de chaque jour, ça n’existe pas. S’il suffisait de vouloir être Français pour l’être, le ministère de M. Besson n’aurait pas lieu d’être, ce qui serait d’ailleurs très bien. On rappelle par ailleurs qu’en 1918 on s’est bien gardé de demander aux Alsaciens s’ils étaient vraiment sûrs d’être français ; on s’est contenté de les annexer brutalement, et de les franciser à marches forcées.
     La référence aux valeurs républicaines fondatrices de l’appartenance à la France, c’est de la théorie. Il est inutile de discuter ici de la notion d’égalité, dont on sait bien qu’elle n’est pas appliquée -et de moins en moins, dans notre société. Je signale simplement que la récurrence de la référence à la langue, et en fait à un épais monolinguisme francophone, dans le discours sur la nation en France révèle bien que dans la réalité, c’est sur une base ethnique que se construit ce discours. Tout le reste n’est que littérature.

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  • Je crois surtout qu’il s’agit de propos de salons, d’intellectualismes qui permettent de ronronner entre "amis choisis".

    Outre les dérives prévues de ce débat sans fond, il existe malgré tout un ras le bol de la repentance, une peur justifiée d’un retour du prosélytisme religieux, d’un projet de société flou voire inexistant noyé dans le concert européen.

    Pourquoi ce silence sur le caractère laïque de la France.

    " Elle suffit pour leur faire comprendre qu’une nation est une question de solidarité consciente, une véritable décision de vivre ensemble sur la base des mêmes lois et principes. "

    Ce contrat, ou ce désir n’est il pas mis à mal ?

    "C’est l’« identité qui » retient la communauté islamique mondiale d’excommunier Oussama Ben Laden."

    Bien sûr, comme de manifester sa joie partout dans le monde musulman lors de l’attentat des twin towers.

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  • L’ inconscient collectif n’ existe que dans les élucubrations mystiques de Jung.La nation, c’ est une histoire et souvent des traditions juridiques particulières.Et puis l’ Europe ne peut pas avoir une seule langue commune et ce ne serait pas bon.

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