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Le blog d'Europe hebdo
10 novembre 2009
Parlons des vrais problèmes de l’Europe
par Krzysztof Pomian
Les discussions concernant l’Europe ne peuvent avoir un sens qu’à condition d’aborder des problèmes que d’habitude on évite soigneusement, bien que la manière de les traiter détermine dans une large mesure l’avenir de l’intégration européenne.
J’en vois deux : le problème des séparatismes et celui de la propagation des attitudes dont l’une essaie de ramener l’Union Européenne à un marché commun, et rien de plus, et l’autre tend à l’arrêter en son état présent.
Pour ce qui est des séparatismes, nous y avons affaire en Belgique (les Flamands), en Italie (La ligue du Nord), en Espagne (les Catalans et les Basques) et en Grande Bretagne (les Écossais). On ne peut pas voir dans ces mouvements des phénomènes folkloriques. En Italie, Umberto Bossi, vice-président du Conseil chargé des réformes de l’État, a réitéré encore récemment les objectifs indépendantistes de son parti. La politique de la langue conduite en Catalogne aboutira dans quelques années à une rupture de fait avec l’espace où l’on parle le castillan et à la création en Espagne d’une situation comparable à celle de la Belgique, où les Flamands et les Wallons ne communiquent qu’à peine. Or, l’Union Européenne n’a jamais pris de position face à ces mouvements séparatistes dont la victoire dans leurs pays respectifs risque de remettre en question l’intégration européenne même.
La politique de la Grande-Bretagne vise constamment à ramener l’UE à un marché commun ; c’était la position de Gordon Brown, c’est celle de David Miliband, le Secrétaire au Foreign Office. Elle vise aussi à faire de l’Union, sur le plan politique et militaire, un simple appendice de l’OTAN. Il serait souhaitable pour l’UE que la victoire des tories débouchât sur une sortie de la Grande Bretagne de l’UE. Mais cela ne se produira pas car seuls les Anglais sont anti-européens ; pas les Écossais ni les Gallois. Il faudra donc vivre avec la Grande-Bretagne et ses alliés.
Or, tant en Allemagne qu’en France on observe un épuisement de l’élan européen. La récente décision du tribunal de Karlsruhe rend une avancée de l’intégration au moins très difficile, sinon carrément impossible ; au demeurant, du côté français on n’en voit pas l’intérêt. Dans ces conditions, la politique britannique peut aboutir. Ce serait une terrible régression.
Je passe sur la question de l’entrée de la Turquie utilisée comme un cheval de Troie.
Que faire pour ranimer la flamme européenne ? Comment réveiller un mouvement vers plus de cohésion ? Par quels moyens ?
Le seul débat qui me semble d’intérêt porte sur le diagnostic de la situation présente et la thérapie qu’il faut appliquer à l’Europe languissante. Avant qu’il ne soit trop tard.
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16 novembre 2009 20:58, par Hermès
Les questions que vous posez sont intéressantes, Monsieur Pomian, mais vous ne suggérez rien !
Quelle position, selon vous, l’UE devrait-elle, pourrait-elle prendre face à ces mouvements séparatistes ?
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17 novembre 2009 13:13, par Linda L.
Et surtout surtout, avec quelle chance d’aboutir à un renforcement de la cohésion ?
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16 novembre 2009 21:23, par Histrion
Franchement, Monsieur, n’est-il pas devenu clair pour tout le monde que l’Union E. restera ce qu’elle est depuis le début, un grand marché commun ?
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16 novembre 2009 22:09, par Charles D.
Tony Blair est candidat à la Présidence de l’Union. Il serait paradoxal, sinon scandaleux, que l’homme qui a soutenu Bush dans sa désastreuse campagne irakienne, qui n’a pas fait grand chose pour faire avancer l’Union vers une Europe politique, qui n’a en rien jamais rien fait quand il était Premier ministre pour faire progresser l’idée européenne dans son pays – l’Angleterre n’est même pas dans la zone Euro, et n’est pas prête d’y entrer – accède à la présidence de l’Europe. Et pourtant, il semble avoir des chances…
Qu’en dites-vous ?
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18 novembre 2009 21:48, par Michaël
Paradoxal, sans doute ! Scandaleux ? Hum… Qui sait si dans cette nouvelle fonction, Blair ne voudra pas donner toute sa mesure ? L’homme est flamboyant, je le vois mal se contenter d’exercer un rôle effacé.
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16 novembre 2009 22:47, par Ignace Ch.
Dans cette ambiance morose, que penser de la volonté de Sarko et Merkel de la relance du « couple franco-germain » ?
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17 novembre 2009 19:09, par Lydia
Pour ma part, je crois que c’est une bonne chose, mais cela ne suffira certainement pas à produire ne fusse qu’un embryon d’Europe politique. J’y crois pas ! Mais alors, PAS DU TOUT !
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20 novembre 2009 13:49, par Philippe
Surtout qu’il serait maladroit, vis-à-vis des 26 autres membres, de promouvoir à grand renfort de com, ce couple infernal ! Ce n’est pas le moment de les froisser !
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21 novembre 2009 15:35, par Romain
Qu’on le veuille ou non, la cohésion franco-allemande, même si elle n’est pas une condition suffisante à l’avancement de l’UE, est tout de même la condition nécessaire, je dirai même indispensable.
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17 novembre 2009 11:52, par Georges G.
Que pensez-vous de la position actuelle de Michel Rocard qui après avoir été un ardent défenseur d’une Europe politique a cessé d’y croire ? Défaitisme ou réalisme ?
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17 novembre 2009 20:44, par Max
Y a-t-il une « chance » que la Ligue du nord puisse imposer une sécession ?
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21 novembre 2009 14:11, par Michaël
Et voilà, c’est Van Rompuyt qui est élu ! Inodore, incolore. Barroso d’un côté, Van Rompuyt de l’autre. De plus en plus excitant le projet européen ! Hein, m’sieu Pomian ?
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21 novembre 2009 14:59, par Frans
Moi j’ai confiance ! Si on sait diriger la Belgique, diriger l’Europe, c’est de la petite bière !
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21 novembre 2009 19:30, par Nathalie S.
Et maintenant, comment les choses vont se passer ? Comment va-t-on relancer l’Europe ?
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22 novembre 2009 20:09, par Antone R.
Je crois qu’il faut se focaliser sur l’Eurozone. Après tout, s’il y a bien une chose qui a marché, c’est la mise en place de l’euro.
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22 novembre 2009 14:03, par Is.
Avec cette nouvelle administration européenne, a-t-on des chances d’aller vers une Europe un peu plus sociale ?
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22 novembre 2009 21:08, par Alphonse G.
Pourquoi donc, M. POmian, a-t-on fait le choix d’une Europe encore plus terne ?.. Non seulement des personnes sans éclat ni vision, mais dans le cas de la baronne, sans expérience diplomatique et sans avoir jamais été élue à aucune fonction ! Merci d’avance.
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22 novembre 2009 22:35, par Isba
Bruxelles a-t-il fait le choix d’une Europe des Nations aux dépens d’une Europe fédérale ? Le choix de Van Rompuy et Ashton prouve-t-il que les États de l’UE renoncent à regarder haut et loin, par-dessus des intérêts nationaux ?
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23 novembre 2009 17:17, par Krzysztof Pomian
En guise de réponse globale :
Il n’est pas devenu clair pour tout le monde que l’UE restera éternellement un grand marché commun. Jusqu’à maintenant, les tendances vers plus d’intégration ont réussi à triompher des obstacles. L’élimination de la candidature de Tony Blair à la présidence de l’UE et l’élection de M. Herman Van Rompuy est une défaite - première depuis assez longtemps - de l’idée britannique, plus exactement : anglaise, de l’UE réduite à un marché. C’est peut-être aussi le premier pas vers plus de cohésion. Le bon fonctionnement du couple franco-allemand n’en est certainement pas une condition suffisante mais il en est tout aussi certainement une condition nécessaire. Reste à faire en sorte que d’autres pays aient intérêt à s’associer à l’Allemagne et à la France.
Que sera la présidence de M. Van Rompuy, on verra. Il est prématuré de l’enterrer avant qu’elle n’ait commencé. A toutes celles et tous ceux qui regrettent un président au look de jeune premier, il faut dire qu’on n’est ni au cinéma ni à la télé et qu’on cherchait un Européen convaincu sachant maîtriser une négociation difficile. Or, la politique belge est à cet égard une excellente école.
Quant à ce qu’il faut faire face aux séparatismes, la réponse est simple : l’UE devrait déclarer fermement qu’en cas de victoire d’un mouvement séparatiste, le nouveau pays devra renégocier son adhésion à l’UE en partant de zéro, sans bénéficier des avantages dont bénéficiait l’Etat qu’il quitte. Il est à espérer que cela refroidirait les ardeurs et affaiblirait les mouvements tels que la Ligue du Nord, par exemple, car leurs financiers seraient obligés de faire le calcul des pertes et profits, et de se poser à sa lumière quelques questions.
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